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Chroniques de l'ancienne République -Chapitre I-

Une pluie de cendres tombait du ciel, neige d’escarbilles virevoltant au gré d’une légère brise et recouvrant, de son infime pellicule grisâtre, les terres alentours.

 

Jackon était à genoux et ne pouvait détacher les yeux de ce spectacle, de cette danse hypnotique. Hagard, il ne savait plus où il se trouvait ni pourquoi il y était. Il savait juste que la nébuleuse de poussière qui l’entourait avait une importance…une foutue importance. Mais laquelle ?

 

Soudain une main se posa sur son épaule, une poigne puissante qui le força à se tourner. Jackon se trouva nez à nez avec un Trooper. Le casque de ce dernier était couvert de suie, quelques entailles se partageaient le flan gauche et la visière était fissurée en largeur, fine ligne scindant en deux l’eau miroitante du garde-vue. Le blason sur sa poitrine, la couleur de son armure, sa corpulence même,... Tout lui semblait familier et pourtant, impossible de remettre un nom dessus.

 

Comme devinant son flou mental, le soldat retira d’un geste rapide son casque qu’il balança à ses pieds. Une barbe de trois jours lui mangeait les joues dans une forêt de poils noirs, des sourcils broussailleux et en désordre surplombaient deux billes couleur acier qui fixaient avec intensité Jackon tandis que, de sa bouche tordue par un rictus d’impatience, il lui hurlait des choses que l’égaré ne semblait pas percevoir. D’ailleurs, Jackon se rendit compte qu’aucun son ne lui parvenait hormis ce sifflement aigu lui pressant les tempes.

 

Confus et ne comprenant rien à la situation, il se détourna du Trooper pour englober des yeux la scène où ils se trouvaient. Le sol était clairsemé de trous de largeurs inégales, de cratères plus ou moins profonds. Autour de ce gruyère terreux, arbres déracinés, talus et cadavres se partageaient l’horizon. Figés dans une rigidité grotesque, les morts donnaient l’illusion de pantins de porcelaine auxquels le marionnettiste avait coupé les fils, les laissant choir sur la scène de leur vie sans se soucier de la pose qu’ils conserveraient pour l’éternité. Puis, portant le regard plus loin, la réalité le happa aussi surement que l’armée impériale avançait vers eux. Les tirs de blasters, les détonations, les vrombissements des engins volants, les sons autour de lui se faisaient violence. Le sifflement dans son crâne s’était estompé et la mémoire lui revînt d’un coup : La 401ème compagnie dont il était le commandant, les multiples batailles des dernières semaines, celle d’aujourd’hui, les renforts impériaux inattendus se fondant sur eux, l’explosion à quelques mètres de lui, la violence du choc, le souffle chaud qui l’avait balayé tel un fétu de paille. Il se passa la main sur le front y découvrant, dans la douleur du contact, la profonde entaille partant du haut du crâne jusqu’à son arcane sourcilière droite. La blessure devait être à l’origine de sa confusion au réveil.

 

–Jackon !! Il faut qu’on bouge !! On doit évacuer !!? Hurlait le trooper

 

–C’est bon, Ed’, j’t’entends. Aides moi à m’relever et filons d’ici !!

 

Attrapant l’avant bras de son ami, le dénommé Ed’, de son véritable nom Edouardo Quelrias, remis le commandant sur ses jambes, choppa son casque de l’autre main et ils se mirent tout deux à courir.

 

Les tirs fusèrent, rayons de mort aux connotations écarlate cinglant l’air près des deux fuyards alors que les ripostes côté République se faisaient plus rares. Les quelques répliques bleutées se voulaient plus par dépit que par réelle conviction et lorsque Jackon alluma son comlink et ordonna l’évacuation immédiate, très peu se firent attendre avant de prendre leurs jambes à leur cou.

 

La déroute était totale.

Écrit par Le boiteux - Le 02 décembre 2010 à 19:01.