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Chroniques de l'ancienne République -Chapitre III-

Plic-plic

Pénombre… Linceul d’obscurité enveloppant les pensées de Jackon, les enlaçant dans une étreinte glacée pour en empêcher toute cohérence. Ce voile couleur nuit se bariolait de flashbacks nombreux : souvenirs de jeunesse, école militaire, scènes de guerre s’alternaient à un rythme effréné dans lesquels des songes venus d’ailleurs se mélangeaient. Dans ces moments de délires, un masque écarlate faisait son apparition, un rictus mauvais aux lèvres. Il entendait alors des bribes de paroles, des voix sourdes envahissaient son âme à la dérive : « Son esprit est fort », « je le ferai plier!! »,…

Plic-plic

Un mal de crâne émergeait de cette mer ébène zébrée d’images tel un étau lui compressant les tempes qu’une main éthéré s’amusait à en resserrer le pas de vis inlassablement.

Plic-plic

Où pouvait-il bien être? Que lui était -il arrivé? La confusion se mêlait à la nuit et à sa migraine, ou peut être était-ce une résultante de ces deux maux. Et ce bruit. Etait-ce là son cœur qui battait, preuve qu’il demeurait en vie ou au contraire le rythme de la mort s’approchant ? Autant de questions l’interpellaient et lui lacéraient le cerveau au fil des « plic-plic ».

Soudain la mémoire lui revint: Le combat, la fuite, l’espoir bien vite évanoui et le coup de crosse qui le fit sombrer. Il ouvrit les yeux d’un coup, déchirant le canevas d’inconscience qui le recourait alors.

Devant son regard s’étalait une petite pièce qui ne contenait en tout et pour tout qu’une chaise rivetée au sol et sur laquelle il était attaché. Des liens lui entravaient les poignets dans le dos, traçaient un sillon écarlate tant ils étaient serrés. Ses pieds avaient subi le même sort l’obligeant à ne faire qu’un avec ce trône de prisonnier. Au dessus de lui, une trémie déversait des gouttes d’eau sur sa tête à une cadence millimétrée tant les « plic-plic » se faisaient répétitifs. Le capitaine de la 501ème déchue tenta de briser ses entraves, de changer de position afin de ne plus subir ce martellement liquide, en vain. Rien n’y faisait.

- Ed’? T’es là ? Hurla-t-il, cherchant un semblant de réconfort dans sa propre voix. Seules les gouttes lui répondirent par ce cri familier : « plic-plic ».

Les minutes passèrent, bientôt muées en heures, peut-être même en jour, et pour marquer le temps s’écoulant, tel les grains du sablier universel tombant peu à peu du bulbe, le ruissellement saccadé continuait son chant.

Il ne sentait plus ses doigts, ses orteils ou encore ses jambes. L’engourdissement venait au fur et à mesure que le temps passait et avec, une léthargie semi-consciente. L’attente lui sapait tant force et volonté.

Plic-plic

- Qu’est-ce que vous voulez de moi?

Plic-plic

-Allez vous faire foutre!! Vous ne me briserez pas!! Vous ne me briserez pas!!

Ses cris se perdaient dans les méandres du silence, seulement rompu par la réplique ironique de ces gouttes perpétuelles.

Plic-plic

La somnolence était son seul échappatoire, sa seule maîtresse entre les mains de laquelle il se laissait enlacer. Maigre réconfort, certes, mais suffisant pour ne pas sombrer dans la folie.

Personne, songea-t-il, personne ne viendra. Ils m’ont laissé ici, décidé à me laisser crever comme un chien en laisse. Un maudit oiseau en cage que l’on laisse dépérir.

La porte s’ouvrit soudain apportant dans le local un halo de lumière vive au niveau de l’embrasure. Dans cette dernière se détachait une ombre, une carrure imposante. Peut-être était-ce finalement la graine du désespoir qui venait d’éclore, devenant alors une fleur de démence au parfum d’hallucination ? Oui, ce ne pouvait être que cela tant l’inconnu ressemblait au masque écarlate de ses songes.

Jackon se mit à rire, doucement tout d’abord pour monter peu à peu crescendo comme en écho à sa propre déchéance.

- Bien, mon traitement est venu à bout de tes remparts. Ton esprit est maintenant exempt de toute volonté. Je le sens d’ici. Tu respires la peur et la colère à la fois, dit le nouveau venu d’une voix suave.

Retrouvant sa lucidité, Jackon stoppa net son hilarité. La réalité de la situation le frappa de plein fouet et répondit, sèchement: « Un sith!! J’aurai du me douter que se cachait la lâcheté de ton peuple derrière cette mascarade. Tu ne me briseras pas!!

Le sang pur toisa sa marionnette aux fils emmêlés sur la chaise. Un profond mépris illumina ses prunelles tandis que les muscles de sa mâchoire roulaient sous ses joues à la peau rouge. D’une main de la même teinte, il caressait un long bouc tressé. Des tresses identiques se partageaient sa chevelure corbeau.

- Oh, mais je t’ai déjà brisé. Je sens d’ici les failles de ta détermination. Ce n’est qu’une question de temps pour que tu dises ce que je veux savoir et crois bien que tu parleras…Comme tes amis ont parlé. Je veux les codes d’accès de vos transmissions et de vos diverses installations.

Pour toute réponse, le capitaine cracha au sol. Sa gorge sèche ne contenait aucune salive mais l’intention était telle qu’elle suffit à déchirer la retenue du Sith.

D’un bond, ce dernier se déporta au côté du prisonnier et, d’un geste leste et rapide, enfonça un clou d’une vingtaine de centimètres dans la cuisse de Jackon. Son cri empli alors la pièce, un braillement de douleur perçant tandis que dans ses yeux perlait une lueur de défi.

- Tu ne sauras rien de moi, lâcha-t-il, dents serrées.

Sans se laisser décontenancer par cette force de caractère, l’impérial sortit une fiole d’une des sacoches ornant sa ceinture, la déboucha doucement avant de reprendre.

- Que penses-tu de ta position ? Les gouttes n’ont-elles pas déjà émaillées ta cuirasse ? Sois sûr que si elles ne l’ont pas fait, que j’y rajouterai ceci.

Accompagnant le geste à la parole, il déversa une goutte sur la cuisse ensanglantée du capitaine. A peine toucha-t-elle le cuir du pantalon que déjà une légère fumée s’éleva, creusant la matière jusqu’à atteindre la peau du malheureux. Alors vint de nouveau la douleur, centralisée juste au niveau de la goutte d’acide qui continua sa course dans le corps, tel un insecte affamé aux mandibules brulantes se frayant un chemin dans le muscle.

Un nouveau cri s’échappa des lèvres gercées du prisonnier, un hurlement dénué, cette fois-ci, de toute arrogance. L’étincelle de défi s’était envolée.

- Réfléchis-y… Je repasserai te voir.

La porte se ferma laissant seul Jackon méditer sur la question, les « plic-plic » pour seule compagne.

Écrit par Le boiteux - Le 08 février 2011 à 22:53.