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Chroniques de l'ancienne République -Chapitre IV-

Par trois fois, le Sith revint. Par trois fois, Jackon ne lâcha prise, serrant les dents face aux supplices subits, n’ouvrant la bouche que pour cracher sa haine.
Les coups reçus avaient déformé son visage en un masque tuméfié, parodie humaine aux pommettes gonflées, aux tempes bleuies et aux lèvres sanguinolentes. Ses paupières n’étaient plus que de petites fentes étroites tant elles avaient triplées de volume mais sa volonté, elle, telle une rivière se gorgeant des pluies diluviennes, gagnait en force. Jamais, il ne divulguerait les codes d’accès convoités par l’Empire. Pourtant, le Trooper ne se faisait guère d’illusion quant à son espérance de vie. Il se savait condamné.

Comme souvent depuis sa détention, la porte s’ouvrit sur le Sang pur, ce Sith au faciès écarlate et aux tresses d’ébène.

Mais cette fois-ci, le guerrier n’était pas seul. Deux soldats l’accompagnaient, traînant à leur suite un homme que Jackon peinait à reconnaître tant il avait subi les affres de sa captivité.

Extrêmement amaigri, le torse de son ami portait les stigmates des tortures subies. Des plaies sanguinolentes, dans lesquelles le rosé de la chair témoignaient de leurs profondeurs, se dénombraient par dizaine. Son visage n’était plus qu’une caricature de celui qui, jadis, conseillait l’officier. Le teint livide, les pommettes gonflées, le côté droit de son crâne avait été comme raboté tant et si bien que le cuir chevelu avait disparu, ne laissant qu’un tissu informe où trônait avant des tempes grisonnantes.

- Ed’, marmonna Jackon à lui-même, comme pour redonner figure humaine au pantin décharné devant lui.

- Tu reconnais ton ami, c’est déjà une bonne chose, se gaussa le Sith. Ce qui m’amène directement à ma question vu que tu sembles te complaire dans ta propre souffrance. Donnes-moi les codes et j’allégerai la douleur de ton compagnon. Restes dans ton mutisme et crois bien que ses cris te hanteront le reste de ta misérable vie.

Jackon ne pouvait détacher le regard de son frère d’arme. Ce dernier demeurait tête basse, yeux hagard, se portant à peine sur ses jambes. Il ressemblait à l’une ses marionnettes que l’on agitait sous le nez des gamins pour les faire rire sauf qu’ici, de ces fils entravant généralement les membres du pantin dépendaient sa vie.

- Ed’…, appela-t-il de nouveau afin, cette fois, de sortir son ami de sa léthargie.

En vain.

- Tu ne sembles pas comprendre la dimension de mon pouvoir, lâcha l’impérial. Regardes et mesures la puissance des Siths.


Les soldats s’écartèrent du condamné tandis que leur chef laissa la force l’envahir. Canevas de haine et de colère couvrant de sa noire enveloppe l’aura du guerrier, la force s’insinua en lui, pénétra dans ses membres, sa tête, son cœur et ce fut par ses doigts tendus en direction du malheureux qu’elle donna corps à son chant.

Des éclairs jaillirent, zébrures bleutées claquant telles des fouets électriques en direction d’Ed. La charge le frappa avec violence, le propulsant contre le mur tandis que l’énergie salvatrice se diffusait dans tout son être. Un râle d’agonie s’échappa des lèvres jusque la muette du soldat tandis que son compagnon, toujours lié à sa chaise des supplice hurlait son nom : ED !!!!

L’attaque s’arrêta et le Sang-pur se tourna, sourire aux lèvres.

- Donnes-moi ces foutus codes, Républicain, ou je promets de faire subir de telles choses à ton ami qu’il préférerait finir dans l’estomac d’un ver des sables.

- Sois…maudit, pourriture, balbutia l’officier de 501ème d’infanterie. Il ne lâchait pas du regard le corps encore fumant de son compagnon. Une odeur de chair brûlée lui parvenait tandis que s’étalait sous ses yeux en guise de tableau macabre sa peau à vif.

- Dans ce cas, poursuivons la séance.

A peine eut-il le temps de se retourner pour réitérer son attaque que, sorti des limbes de l’enfer pour empoigner la corne de sa destinée, Ed’, le visage disparaissant sous un masque de cire carbonisée, se jeta sur le Sith.
Tel un chien enragé venant de briser la chaîne de l’asservissement, le soldat griffa son ennemi à la joue tout en hurlant à la gloire de la République.

La riposte désespérée du prisonnier aurait pu se solder par une victoire. Jackon y crut. Mais, une fois l’effet de surprise passé, le Sith se ressaisit et lui asséna un revers de main puissant qui le fit tomber, l‘arrière de son crâne frappa violemment le parvis. Triomphant devant cet acte suicidaire, il posa le talon de sa botte sur le torse aux multiples blessures, un sourire carnassier lui dévorait la face écarlate.

- Stupide…Courageux mais stupide. Maintenant parles!!!!

Jackon releva la tête et posa un regard étincelant de défi dans celui de son ennemi avant de dire à haute voix: « Je préfère mourir dans l’honneur que de vivre dans la honte d’avoir trahi! »

Exaspéré, le Sith, d’un geste leste, empoigna son sabre laser et souffla : « Qu’il en soit ainsi » tandis que la lame rouge sang siffla en direction du cou de Jackon.

La tête de ce dernier roula à terre et vint rejoindre le corps de son compagnon dans les bras de Dame la mort.

Le guerrier sortit ensuite de la pièce, laissant aux bons soins des soldats les restes fumants et sanguinolents des républicains. Puis, tout en marchant d’un pas rapide, il décrocha son comlink : « Agent Suny, on passe au plan B »

Écrit par Le boiteux - Le 14 avril 2011 à 23:29.